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L’autocar est devenu une évidence

Bus & Car - Tourisme de Groupe | Actualités | publié le : 31.03.2025 | Dernière Mise à jour : 31.03.2025

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L’offre multimodale de services de transports collectifs, hors région Île-de-France, doit certes s’appuyer prioritairement sur un renforcement de la desserte ferroviaire, mais non exclusivement.

La nomination de Dominique Bussereau à la tête de la conférence de financement des mobilités intervient dans un contexte très incertain. Désigné par Matignon, sur proposition de Philippe Tabarot, ministre des Transports, pour présider « Ambition France Transports », celui qui fût ministre des Transports est demeuré jusqu’à présent très prudent. Il est vrai que les travaux n’ont pas commencé. Et que prudence est mère de sûreté.

Plusieurs fois reportée, mais toujours attendue par les acteurs du secteur, au premier rang desquels les collectivités locales, ès qualité d’autorités organisatrice de la mobilité, cette conférence se tiendra de mai à juillet, avec des séances plénières, certaines à Paris mais d’autres en région, comme l’explique Dominique Bussereau, dans l’entretien qu’il a accordé à Eric Ritter. « Il y a une dimension territoriale très forte, que ce soit pour les mobilités, leur financement, mais aussi pour les infrastructures ».

Quatre ateliers sont d’ores et déjà prévus

Composés de 10 à 15 membres permanents, ils seront présidés par un parlementaire (un député ou un sénateur) et un expert. Ils vont cependant travailler ensemble et procéderont à de très nombreuses auditions, précise celui qui a été président de département, à une époque où les autocars relevaient de la compétence de cette collectivité. Celle-ci a été transférée aux régions en 2015.

Si le ministère des Transports fournira les moyens de fonctionnement, ce sont les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat qui désigneront les parlementaires qui concrètement présideront les ateliers, accompagnés d’un expert. On n’en sait pas plus à ce stade. Mais ce que l’on sait déjà peut se résumer en quelques lignes directrices tout de même très claires :

D’une part, il ne s’agira pas de prendre des décisions sur la réalisation de telle ou telle infrastructure, mais de réfléchir, très librement, sur les scénarios de financement des mobilités. « La réflexion est totalement ouverte, tant du point du vue du ministre, que du premier ministre », précise celui qui a présidé l’association des départements de France et été vice-président du Groupement des Autorités Responsables des Transports.

D’autre part, les propositions qui devront être faites à l’issue des travaux devront tenir compte d’une multitude de paramètres, d’autant que les ateliers couvrent des thématiques très larges - il ne s’agit plus de limiter la conférence de financement aux seuls services express régionaux métropolitains (ci-après SERM). A savoir, le financement des autorités organisatrices de la mobilité (AOM) et des SERM, l'avenir des concessions autoroutières et des infrastructures routières, la régénération et la modernisation du réseau ferroviaire ainsi que le développement de l'intermodalité et du fret.

Une chose est semble t il certaine, les SERM financés (ils n’en sont au mieux qu’au stade des études de préfiguration) ne se limiteront pas au seul volet ferroviaire. On retrouve bien, à travers la conférence à venir, l’esprit de la loi du 27 décembre 2023 relative à ce nouvel objet juridique et opérationnel. L’offre multimodale de services de transports collectifs, hors région Île-de-France, doit certes s’appuyer prioritairement sur un renforcement de la desserte ferroviaire, mais non exclusivement.

L’autocar est devenu une évidence

Comme l’a encore démontré une enquête récente réalisée pour Keolis (*), le développement des SERM s’inscrit dans une démarche ambitieuse visant à apporter des solutions de mobilités alternatives à la voiture particulière pour des déplacements de moyenne distance. Elle révèle que ces déplacements de moyenne distance (15 – 60 km) concernent près de 26 millions de Français de manière régulière. On a coutume de dire que les déplacements des Français ne connaissent pas les frontières administratives. Et ils se déplacent pour une diversité de motifs qui dépasse largement les seuls déplacements domicile-travail. Ainsi si environ un Français sur deux de 15 ans et plus effectue régulièrement ces distances pour des raisons professionnelles (hors études), 70 % les réalisent pour faire des courses, 57 % pour des visites familiales, 29 % pour des rendez-vous médicaux et 22 % des sorties culturelles.

Les résultats de l’enquête montrent également que plus de deux Français sur trois réalisent ces déplacements au moins une fois par semaine, ce qui souligne l’importance de ces trajets dans la mobilité du quotidien. Mais les solutions alternatives à la voiture particulière restent rares. Aujourd’hui, elle demeure le mode de transport dominant (71 % des français déclarent utiliser leur voiture au moins une fois par semaine pour ces trajets). Ce serait le résultat d’une contrainte, et non d’un choix délibéré d’utiliser un mode individuel de déplacement.

Il faut voir. Car en effet, la rapidité du temps de trajet apparaît primordiale aux yeux des Français : 58 % d’entre eux jugeant ce critère déterminant dans le choix de leur mode de transport pour ces trajets, ce que les solutions alternatives à la voiture permettent rarement. C’est d’ailleurs le 1er frein à l’utilisation des transports en commun, avec les contraintes horaires « imposés » de ces derniers. On comprend mieux pourquoi, pour promouvoir les dessertes par autocar, la communication emprunte le terme « express »; il s’agit de gagner en pouvoir d’achat, mais aussi en temps. Ce sont juridiquement des lignes régulières.

L’enquête révèle que 73 % des Français se déclarent favorables à l’utilisation des cars express, un chiffre encore plus élevé (81 %) parmi les citoyens effectuant régulièrement des déplacements de moyenne distance (entre 5 et 7 fois par semaine), et quel que soit le motif du déplacement. Cet intérêt se reflète dans les différents motifs de déplacement : 39 % des répondants envisagent de les utiliser pour aller au travail, 51 % pour se rendre à des rendez-vous médicaux, 45 % pour rejoindre de la famille ou des amis, ou encore 48 % pour profiter de sorties culturelles. Par ailleurs, près d’un parent sur deux, juge que les cars express seraient utiles pour les déplacements de leurs enfants, alors qu’une personne sur trois, estime qu’ils bénéficieraient à un proche de leur entourage.

Si on parle plutôt de « service », probable qu’il faille malgré tout, des accompagnements en infrastructure. Car pour les Français, il s’agit de réduire le stress et la fatigue liés à la conduite (55 % des répondants). Cette motivation devance même celle qui relève du coût (51 %) et celle l’impact environnemental (45 %). Donc difficile d’imaginer des cars « express » dans les embouteillages ;

Que de chemin parcouru depuis quinze ans, lorsqu’il s’agissait encore de faire admettre l’autocar à parité d’intérêt avec le train. Cependant, et on le comprend bien compte tenu du contexte actuel. Le plan car express annoncé par le prédécesseur de Philippe Tabarot aux Transports, François Durovray, actuel président du département de l’Essonne, ne devrait pas comporter de volet financier. Pas avant que la conférence de financement ne rende ses conclusions.

 

(*) Enquête Keolis, partenaire de Régions de France, par Harris Interactive

 

La rédaction

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